Organisation des données / Rêves et observations sur l’humeur

L’envie irrésistible de réécouter Richard Hell, d’entendre sa voix parlée.

Quelques poèmes, le choix laissé au hasard.

Quelques chansons, celles que je trouve triste.

*

Chaque fois que je dois me rendre dans ce quartier, je deviens nerveuse. Cette fois, j’ai été capable d’arriver à l’heure. Je n’ai pas non plus retardé le départ. Difficile.

Ça a bien été. Suivi mon corps. Il sait comment se comporter.

*

Ma façon de bouger en public a évolué. Toujours plus d’authenticité et d’aisance, même dans la maladresse. En moi, je ne suis pas encore capable de trouver ceci beau durablement. Je me rappelle la sensation, le chemin de la pensée, lorsque j’ai pu l’aimer hors moi. J’essaie d’appliquer. C’est beaucoup à accepter. Les femmes ont cette habitude, dans plusieurs cultures, d’une certaine discrétion. La pudeur, être réservée, savoir bien se tenir. C’est la raison principale pour laquelle j’aurais aimé être un homme. Pouvoir agir plus librement, permettre à mon corps de simples agitations ou maladresses, qui peuvent être vues par mon peuple, comme une façon de vouloir attirer l’attention. C’est faux. Quand on me regarde, je crois que ça se sait. Je ris, certes, je souris, mais je n’entre presque jamais en contact. Retirée dans mon monde de perceptions, avec mes analyses et mes conclusions (souvent humoristiques, pour me divertir par moi-même), presque toujours un pas derrière. J’aime admirer, contempler.

*

Le rêve serait d’être avec une autre personne et pouvoir partager certaines de ces observations, et qu’il y ait une réaction réciproque. Le genre de choses qui étaient possibles avec lui, quand il y avait permission. C’était la première fois que ça m’arrivait, de façon aussi nette. J’étais moins seule. Je savais qu’il y avait souvent (selon nos humeurs) la possibilité qu’il comprenne.

*

J’ai peu de motivation, moins d’agitation même nerveuse. Sans être apathique, puisque je sais comment me soigner, je suis lente, comme ensevelie.

*

Sur l’écran, gelée, l’inscription : IMG_3838

*

Go qui miaule, le frigo qui s’agite. La lumière blanche me fait mal aux yeux.

Lâcheté, ne jamais changer l’ampoule.

*

Je crains que mon comportement ne passe pour de l’arrogance.

Je n’ai pas renouvelé les vœux. J’ai offert la réciprocité des distanciations.

Fatiguée d’être forcée à accepter des schémas relationnels, qui ne me conviennent plus.
Je n’aime pas la confrontation. J’ai si souvent peur. Simplement peur.

Fatiguée de devoir accepter des conditions qui ne me conviennent pas tout à fait bien.
Je dis oui pour ne pas vivre les déchirements. Après tant de souffrances, j’ai besoin de me guérir.

*

Ne pas faire de pas est tout ce qui me reste, lorsqu’on me quitte, pour me respecter.

Ce n’est pas une question de fierté, pas totalement.

De l’estime minimale de soi.

Peu importe les situations, même dans la violence qui pousse à l’envie de mourir, j’ai toujours considéré ma propre valeur. Je me suis haïe, certes, et d’abord parce que j’ai haï pendant un très court moment les autres. J’ai appris tôt à me punir assez sévèrement pour ne plus ressentir ceci envers qui que ce soit. Je déteste cette sensation de me trouver si laide, si condamnable, l’irrépressible envie de m’anéantir avec beaucoup de violence, concrète. Pour ne pas maintenir l’envie du suicide, je trouve important de me tenir loin de tout ce qui me met dans cet état.

Je ne peux pas fermer les yeux sur ce que j’ai déjà vu.

Je ne peux plus retourner à l’état initial. Je ne le désire pas.

Je ne peux simplement pas faire ce genre de pas.

*

Code moral intime, quelques règles seulement.

Infranchissable. Trop risqué. Perdre le contrôle.
Très, très peu de limites. L’importance de ces limites.

*

J’ai recommencé à rêver. Refaire l’exercice de mettre en mots (en ordre) est compliqué.

Mais des choses marquantes se sont passées. Une nouvelle lucidité, plus ou moins volontaire.

Je me sentais parfois demander à rester dans le rêve, parfois je voulais le quitter et c’était impossible à ce moment-là. Après, des pertes de contrôle.

Du grotesque, du drame. Du monstrueux.

*

Dans un des rêves, derrière une colonne sculptée (très grande, mais dans un appartement assez étroit), j’avalais goulûment des sandwichs au jambon (végétar(l)ienne). Il était là, il faisait une espèce de conférence. Je n’essayais pas de savoir ce qu’il faisait. Je mangeais. Il ne fallait pas qu’il me voit, il était très anxieux. Je ne pouvais pas l’encourager, il en aurait eu honte. Je ne pouvais pas le contempler amoureusement pour la même raison. Mais je ne pouvais pas, à ce moment du rêve, me contraindre à arrêter de le regarder. Il était si beau. J’étais vraiment contente de le voir, bel et bien vivant. Heureuse, souriante, je mangeais sans compter, sans me soucier. Laisser aller.

*

Je n’oserais pas dans la réalité. La simple idée m’angoisse. Manger et le regarder, sans son consentement. Il faut dire que dans la réalité, j’ai eu souvent cette peur, de le violer.

*

J’ai quand même été capable de me lever et de continuer l’action du rêve. Cette discussion dans la cuisine de l’appartement. Puis, la fausse noyade dans la piscine-lit. Je me serais tuée pour vrai, si tu n’avais pas crié NON! Quelle angoisse.

*

Un autre, duquel il me reste peu du récit ou d’images.

Couchée, dans un lit de malade, sans pouvoir bouger.
Je me regarde hors mon corps, j’observe la scène.

Un homme assis à mon chevet, regarde fixement devant lui.

Le jour, il parle à mes amis, ma famille. Explique l’état de santé,
les modifications. La nuit, il me regarde.

Un soir, de retour dans mon corps, je l’ai entendu me parler.
Impossible de comprendre ses mots. Puis, avant d’avoir pu réagir
j’ai senti son corps au-dessus du mien, souple, agile,
la couverture soigneusement ramenée sur nos têtes.

Je ne voulais pas. Réveil rapide. Ne pas ressentir longuement
l’effet du viol.

*

L’équilibre est difficile à maintenir entre mon besoin de m’isoler pour comprendre et celui d’être en contact avec des humains, des vivants. Je deviens rapidement confortable dans la solitude. Mais le retour en société devient toujours plus compliqué.

*

Je ne combats plus. Ni la dépression ni la peur de mourir.

Comment différencier survie et violence?

Je ne sais pas.

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Symptômes (stress et fatigue) / Rapport à la nuit / Le viol de l’intimité

Mes chats me stressent. Souvent en besoin. Flatter, nourrir, valider. Fatiguée. Je suis plus sèche dans la parole. Je leur demande seulement de faire le silence un moment. Go s’agite toujours plus quand j’en ai besoin. Miaulements aigus, frottage, grattage insistant, cris perçants. Il interprète ma rage comme de l’amour. Mais il m’énerve vraiment. J’ai besoin de calme. Il me stresse tellement. Toujours à moi à prendre en charge. Dans la réalité, je m’isole des relations pour ne pas avoir de responsabilités. Fatiguée. Fidélité peu rendue. Obligée de me soumettre à des conditions. Fuck off. Je peux pas avec mes chats. Moralement, je dois rester. Bon Dieu que je suis fatiguée. Ma relation avec mes chats m’aide à comprendre mes états plus profonds du moment. Par la présence marquée des polarités, je me dois de prendre conscience de mes émotions (présentes ou absentes). J’ai besoin de repos mental. Retrouver cet espace intime. La vérité est que j’ai toujours tout fui pour respecter ce besoin personnel, criant, déchirant. Un espace inviolé. Un espace à moi, sécuritaire. Paradoxalement, je retrouve parfois plus facilement ce chemin à deux, protégée par une union. Courte durée. Souvent rejetée. Souvent encore plus en danger.

*

Enfant, j’aimais m’endormir au milieu de la vie. Quand maman et papa parlaient, surtout. Papa rentrait souvent tard. Je m’endormais très mal. J’ai toujours eu peur du noir. Toujours préféré dormir le plus près possible du sol. Les matériaux lourds de certaines couvertures me donnent l’impression d’être enfermée. Je n’ai jamais pu dormir dans un sac de couchage. J’aimais les nuits fraîches, dormir sous la lumière des étoiles, loin de Montréal. Ailleurs. J’aime dormir avec un courant d’air et une petite partie des rideaux ouverts. La liberté. J’ai souvent peur de m’endormir et de ne trouver la lucidité qu’en des récits obscurs. La nuit est en ville souvent une menace. Ailleurs. Ailleurs est souvent une menace. Je connais peu la sécurité d’un sommeil profond et régénérateur. J’ai toujours aimé les courtes siestes, puisqu’elles me font souvent faire de beaux rêves. C’est H. qui m’a appris. Elle racontait une histoire relaxante, celle d’une petite fille qui marchait dans les bois. Auprès d’elle, je me suis souvent endormie dans une toile impressionniste. Le soir, H. devenait morne et désespérée. La nuit, chez elle, j’avais peur de laisser mes pieds sortis des couvertures, pesantes, à l’air libre. M. s’endormait d’abord sur le sofa et venait ensuite. Je me couchais à ce moment, à ma demande, aux côtés du lit. J’ai toujours aimé dormir à côté du lit de ceux que j’aime. Parfois, j’allais dans la chambre de Jy, quand il sortait et rentrait le lendemain matin. Encore plus tard que le faisait papa. L’angoisse au moment de m’endormir a souvent été saisissante. Demain, l’absence de demain. La mort nerveuse, incertaine. Les douleurs, l’appréhension du saut. La panique. La peur de mourir plus tard, vieille et aigrie. La peur que tous les demains de ma vie soient souffrants. Devais-je garder espoir? La nuit me fait souvent très peur. J’ai aimé travailler le soir pour certaines raisons. Si je passais une bonne soirée, mes nuits étaient paisibles. J’ai aimé écrire tard, avec de l’encens, des vidéos sur l’Éveil et des prières aux anges. Je n’avais jamais osé plonger dans ma prière intime de façon joyeuse. J’ai aimé parler avec elle, pendant quelques minutes, parfois, je me sentais en sécurité. De beaux souvenirs, malgré qu’ils soient encore teintés de mes maladresses et de mes débordements. J’aimais penser à lui. J’aimais écouter sa voix chantée. Parfois dans une euphorie incontrôlable, plus souvent dans une tristesse creuse et sans larmes. J’aimais le faire couchée directement sur le bois du plancher. C’est un miracle que je me sois sentie en sécurité. J’ai aimé partager avec elle mes émois. Je n’aurais pas survécu sans son soutien. Elle fut la meilleure et la seule véritable confidente. Elle comprenait. J’ai apprivoisé la nuit, je l’ai mieux comprise. Mes rêveries se sont transportées, les nuits étaient lucides, malgré l’excitation et les tremblements. Je dormais en sécurité. Enfant, pendant longtemps, j’ai écouté Ravel pour me mener au sommeil. La longueur des pièces me permettait de créer une histoire assez prenante pour que j’aie le temps d’y plonger, de m’endormir. Le pouvoir de l’imagination. Rapidement, j’ai vu l’autre polarité. Les scénarios de catastrophe, les trahisons et les complots, mes laideurs exposées. Ce que je trouve triste, c’est que souvent, j’avais raison. Ma panique n’était pas névrose totale, réellement, je n’étais jamais vraiment acceptée. J’ai toujours été très consciente des inconstances dans les comportements humains, des déraillements des systèmes. J’ai mis du temps à comprendre que peu offraient de l’amour pur. L’ego humain est effrayant. Le mien m’a pétrifiée souvent. La honte, mais aussi la peur. Je n’ai jamais voulu être celle-là. J’aimerais dormir en paix.

*

Tantôt, j’ai essayé de dormir un peu. J’étais propulsée dans des pensées se rapprochant du rêve, desquelles je perdais de plus en plus le contrôle. Aujourd’hui, l’ambiance était celle de la fuite. Des murs de brique, des portes métalliques et des escaliers étroits. Des lumières qui se ferment. Un homme et ses mains. J’ai pleuré, je n’ai pas pu me laisser aller, j’ai pleuré. J’ai été réveillée, à peine endormie, par cette suite d’images. L’excitation qui se transforme en détresse. J’ai connu souvent cet état. Embarquée dans l’illusion, je perçois pendant une moment cette attirance comme saine. De plus en plus en confiance, je me laisse aller. Je me donne. Aucun besoin de me violer. Je me donne. Je me suis souvent abaissée. Mes désirs étaient hors de contrôle. Le besoin de contact et de connexion humaine aussi. Les hommes pour qui je me suis ridiculisée recherchaient surtout le contact avec eux-mêmes à travers une Autre. J’ai dit oui quand je n’aurais pas dû et j’ai eu très honte de ça. J’ai permis la violence. Malgré ce que m’ont dit les yeux. Oui. Chaque fois que je me suis agenouillée quand il aurait été mieux pas, j’ai fini par voir comme je n’étais pas considérée. J’ai eu honte d’avoir voulu ça. Je me suis sentie souvent utilisée. Un vieux mouchoir. Image efficace. Utilisée et jetée. Je me suis souvent sentie prisonnière de mes propres désirs, confondant des besoins humains et une déviance sexuelle. Validation, reconnaissance, intérêt personnalisé. J’ai tout canalisé dans la pulsion sexuelle. Facile. Le contact de la peau venait rapidement combler d’un coup tous les besoins ignorés. Jusqu’à ce que vienne la nuit. Et les remords. Les incertitudes toujours aussi prenantes. Les prières silencieuses: Mon Dieu, faites qu’un jour j’aie Foi en l’amour.

Les murs de brique, ça écorche la peau.

Énumération partielle de symptômes – prière (pas vers l’émotivité)

Plus de force physique. Mon orteil est réparée, mais encore fragile.
J’arrive maintenant à « remodeler » un peu sa forme.
Moins de rigidité.

Mon bassin débloque encore.
Le « progrès » (ça m’angoisse) demeure. Peu de rechutes.

J’ai remarqué que mon genou gauche
s’assouplit, il suit le mouvement d’expansion du bassin.
Ici, les efforts doivent être doublés (quadruplés serait plus approprié)
pour maintenir la souplesse. Beaucoup de travail à faire.

Corps fatigué, moins de motivation.
Deux abcès, une brûlure au palais.
Besoin de sommeil. Il est inconfortable.

Cauchemars terriens (Lynch, Magritte,
adolescence, orgiaques),
oubliés le lendemain. Sommeil troublé
conscience aussi.

*

Je maintiens
un bon niveau de fonctionnalité,
une santé somme toute correcte

mais il y a beaucoup
de peurs et de stress (mort, foule,
attaques, viol, intimidation, être forcée
à agir contre mon gré)

(chien jappe. peut-être avais-je mal compris
et que finalement, cette voix qui s’élève
est la mienne.)

je me retire plus, tout en ayant
ce besoin net de m’exprimer
je ne me sens pas assez en sécurité
pour ressentir pleinement

je me retire et je tente de reconnecter
mais c’est difficile.

Je sens que j’y arrive mal en ce moment
à ressentir plus longtemps que quelques minutes

et je suis (presque) convaincue
que ceci n’est pas uniquement du refoulement
une réponse de mon esprit à tel ou tel facteur
(messager?)

ce n’est pas relié à mon humeur
ce n’est pas non plus émotif

une simple déconnexion d’une partie de mes capteurs
(ceux que je ressens, je veux dire)
l’incapacité momentanée de comprendre
intelligemment les données, l’information diffusée,

je m’absente
« simplement ».

Ceci dit, pendant ces périodes
mon émotivité est plus profonde
(et moins ample)

c’est-à-dire qu’il y a certaines épiphanies
des moments de compréhension par mon coeur
puisque loin des stimuli extérieurs
je retrouve l’usage de certains autres capteurs
que j’avais souvent par choix moi-même éteints
pour ne pas ressentir publiquement
pour pouvoir continuer à fonctionner.

*

Seigneur…
comme j’aimerais
trouver la paix.

*

Vive douleur dans le pied droit, aigüe
suivie de pulsations dans le genou
puis le coeur. j’ai l’impression d’avoir été
redémarrée.

C’était épeurant. J’aimerais ne pas sombrer
dans mon amour pour le monde de la Mort
encore moins dans ma peur de celui-ci.

J’aimerais vraiment résister aux symptômes.

Crampe au pied.

*

J’espère ne pas être maudite.
J’ai souvent cette silencieuse terreur
d’être née pour souffrir
pour ainsi rendre l’équilibre

j’ai toujours cette impression
d’avoir un mauvais karma
et que malgré tous mes efforts
pour être un bon humain
une meilleure personne

je suis prise dans un système
dans lequel je dois rembourser
mes dettes, payer pour le mal commis…

Il doit bien y avoir une façon
de guérir cette croyance.

J’aimerais ne plus adhérer à l’idée
que je mérite les coups
que ce n’est que le fouet
qui peut me sculpter, que la folie
qui peut m’électrifier.

J’aimerais tellement être heureuse.
Loin de la honte, des regrets, des remords,
de la surconscience et de la lucidité involontaire
qui s’accompagnent d’une capacité incroyable à douter

maintenant que mon dialogue intérieur
s’équilibre, et qu’il n’existe plus grand place
pour les procès et les tortures
les exécutions des peines

maintenant que j’arrive
à ne plus me manquer intérieurement
de respect, à tous les jours de ma vie,

je ne me sens tout de même pas
heureuse.

*

Encore, au travail,
cheval quasi inépuisable.

*

Je revisite certaines peurs primaires
des terreurs saisissantes

je sens la nuit m’envelopper.

Je l’aime, la nuit. Je la comprends et
j’aime la suivre.  J’ai souvent peur
quand le jour se lève et qu’elle me quitte
malgré tous les soubresauts qu’elle m’offre
j’aime cet abri, ce repos de lumière,

la nuit, même dans la peur, le rêve
est possible
l’espoir, les possibilités
les lendemains,

la terreur
même elle, oui, m’a fait vivre
m’a profondément animée.

J’aimerais garder
une bonne santé mentale.

*

j’aimerais pouvoir accéder
à une abondance plus propice à mon développement
j’aimerais aimer et être aimée.

J’ai hâte d’y être, de ressentir
durablement à nouveau de l’amour dans mon coeur
de façon constante, au quotidien
d’incarner cet amour vibrant
(pourtant,  il est comme de naissance blessé)
qui vit en moi.

 

 

Évacuation des peurs (avant la confusion)

Kali.

*

Des araignées, des scarabés.

*

Il y a toujours cette part de moi qui s’agite. Sans tremblement, consciente des possibles conséquences (l’abattoir, la cour). Cette peur aussi. Le monstre qui se déforme. Le monstre dépeint, jugé, tranché, goûté, recraché, vomi. Savouré? ces êtres obscurs sont rares, ceux qui apprécient cette intensité. Déformation, désinformée. ma laideur, cette laideur que je sais, cette laideur que j’aime ailleurs pourtant, bien facilement, la mienne je la juge sévèrement. est-ce que je me tranche? je ne sais plus. si oui, je ne l’ai jamais trop senti. j’avais essayé, une fois seulement, la lame du rasoir. j’avais détesté ça. un sentiment d’inversion difficile à décrire. une action contraire. une sensation renversée. je ne crois pas être capable de me trancher vraiment, émotionnellement. la coupure, elle devient aussi une plaie. j’ai horreur des parasites, des vampires. je dors souvent très mal. rêves sombres, absurdités décuplées, impostures, malentendus, meurtres et excès, culpabilité. je croyais, avant, m’être pardonnée plusieurs choses. maintenant, je sais tout ce qu’il me reste à voir de moi. je ne suis pas en paix avec la nature de certaines de mes actions. j’ai souvent peur de mourir sans m’être pardonnée. j’ai peur de rester bloquée. pour moi, la mort totale n’est pas la pire des possibilités. j’ai peur de revenir. cette vie est si étrange. loin, petite, sous pression, contraintes, lois, règles, formules. j’aimerais goûter au bonheur avant de mourir. l’amour au coeur, sans la mélancolie, la tristesse. dans une certaine constance, incarner l’amour, l’offrir, le rendre.

*

c’est octobre, et la folie rôde. bouleversements et coups/contrecoups.

*

comme une marée grise, des touches verdâtres, les reflets de la lune, au loin, le chant m’appelle. ne pas me noyer.

*

la paix, je prie pour la paix, je l’implore. L’amour ici, l’amour Souverain, Libre.
la paix, la paix, la paix.

*

à chaque cauchemar, dans le monde présent ou dans d’autres, je réalise comme j’ai c’est espoir de vivre. toujours cette impossibilité, quelque chose qui me voue à la souffrance. Une condamnation, un jugement rendu, un geste ineffaçable. Un poids. la prison.

*

certains repousseront tous ceux qu’ils ont considéré comme maîtres. une forme de dégoût en voyant l’humain, peut-être, derrière le propos (la capacatié d’abstraction), l’humain qui se déploie dans son éventail de banalités.

*

renier, ce n’est pas nécessairement haïr. bafouer non plus. ni rejeter, juger, repousser.

la haine? la rage.

la colère? la rage.

*

quand je deviens fatiguée et d’humeur plus triste (un des effets de l’ancrage), tout de suite mon corps réagit. je remarque que mon système tend à rejeter rapidement mes dents. comme si elles ne faisaient pas vraiment partie de mon corps. comme plus facile à rejeter, pour conserver l’énergie. mes cheveux, aussi. heureusement, j’en ai beaucoup. un jour, ce ne sera peut-être plus le cas.

*

Dans ce rêve, la femme semblait être un mélange de ma mère, de la sienne, de la celle de D. ; et de Dn.

C. m’a confirmé que Dn était autrefois plus ronde. Elle est morte amaigrie par la maladie.

Elle mimait des rondeurs aux hanches.

La femme du rêve, j’ai essayé par la lucidité relative de savoir qui elle était. Nous avons passé un long moment à discuter, dans ce grenier. juste avant que je sorte pour aller me condamner pour l’attentat raté contre M. je ne voulais pas y aller. je comprenais que je n’étais pas vraiment coupable. papa m’avait poussée à le faire. oui, j’avais commis le geste. j’avais fait confiance à papa, sous la pression. La femme ne se dévoilait pas beaucoup, elle gardait une certaine distance, dans des habits, je crois, blancs. une mère un peu froide, tout de même présente. c’est déjà bien. j’avais souvent l’impression qu’elle se moquait de moi. je ne fais pas confiance facilement.

ça m’a fait peur, je crois.

en même temps, c’est elle qui m’avait guidée vers un raccourci pour me rendre, ou sinon fuir, elle m’offrait un terrain aux options diversifiées.

En sortant par la fenêtre du grenier, le grand stationnement d’anciens rêves. plusieurs boutiques, un escalier roulant, un sous-sol. un restaurant menant à tout un autre monde. en face, une grande plaine.

*

comme des réalités virtuelles offertes. voici un exemple. 

*

peut être Jésus a-t-il été abandonné par son Père, parce qu’il refusait de se défendre lui-même. sa mort était-elle un passage obligatoire? je crois que oui, même si j’aime bien croire, par moment, que le destin se modifie. les circonstances divines, pourquoi doivent-elles s’acharner? quelle loi est donc dans toutes ces injustices respectée?

*

la crainte de Dieu, je la comprends. je crois en un Dieu qui me sait, dans toute ma faiblesse et mon arrogance. j’ai le sens du défi, mais mon amour est sincère. dans l’intimité, je me révèle à lui.

 

 

 

 

Mécanismes de la violence : honte et culpabilité / chevauchement entre absence et présence

Toujours plus de difficulté à formuler des idées quand l’étude occupe une place plus importante dans ma vie que la contemplation et la création (mis ensemble).

Les mots s’accumulent pourtant, restent pris dans ma gorge, limitant la capacité à parler. Un gros poids sur mes poumons se forme. Le poids s’alourdit, me donnant l’envie de limiter les mouvements, de fuir la stimulation. Je reste prise avec le poids, sans savoir comment l’évacuer sans me détruire par le processus.

Cette honte d’être moi revient toujours quand je demeure trop longuement dans un mode peu émotif, quand je coupe de l’amour et que la lassitude prend le dessus sur tout. Je reste cachée, j’attends que ça passe. Comme rien n’arrive si je n’enclenche pas le mouvement, j’avance, je redémarre souvent rapidement. Je me force à retourner au monde. Le contraste est si grand qu’il provoque immanquablement une honte indescriptible, profonde et d’apparence naturelle (sauf pendant cette courte période ou il a été dans ma vie (c’est fâchant quand j’y pense. avant la peine, après la peine: la révolte… contre rien. un autre poids qui s’accumule, encore une lourdeur de laquelle je peine à me débarrasser sans tout briser dehors et dedans)). J’ai de la difficulté à aimer celle que je vois, lorsque le vide s’empare de mes yeux, de ma bouche, de mes cheveux. J’ai la capacité à aimer hors moi ce genre de personnes, j’arrive à aimer les plus morbides et méchants des humains. Pourquoi ne pas m’aimer lorsque je ressens ce vide qui me prend, pourquoi me bafouer quand j’incarne ce néant, malgré le peu de méchanceté qui m’habite?

Suis-je cette absence? Je ne sais pas. Je ne ressens pas grand-chose. La colère me guette et je dois y résister. Voilà sans doute pourquoi j’ai coupé drastiquement.

Je n’ai jamais osé plonger dans ma colère. Connaissant mon intensité, j’ai fait le choix de me concentrer sur les aspects plus lumineux de mon être et du monde (un défi). Mais certaines zones d’ombres restent encore et marquent ma personnalité. Elles seront toujours là. J’aimerais ne plus me haïr lorsque je les expérimente, même de la manière la plus furtive possible. Cette culpabilité me nuit considérablement et m’empêche de m’épanouir. Elle me pousse vite vers le vide.

Je suis forte et j’en ressors rapidement. Je vole avec endurance. Je ne me bats pas. Ainsi, je suis facilement à la merci des vivants et des événements. J’ai appris à me lever sans combattre. Sans désirer plus grand. J’ai appris l’élan, j’ai reconnecté à son naturel. Le saut, les ailes.

J’ai choisi de dire non à ma rage et à ma colère (plutôt qu’à ceux qui la provoquaient en moi, contre moi, par ma honte des malentendus et de mes emportements) parce qu’elles sont grandiosement affreuses. J’ai choisi de tourner ma violence contre moi pour éviter de commettre des actes aux conséquences graves, irréversibles. Au nom de cette loi interne, j’ai accepté des coups directement portés, des manquements sévères. On m’a souvent manqué de respect. Je crois que finalement, tous ceux qui m’ont attaquée savaient que je finirais par me taire et cesser de répliquer, et partir le plus doucement possible, dans le but de pouvoir m’effacer en paix, me faire oublier. Pour éviter que ma honte prenne le dessus et m’enferme dans l’absence. J’ai peur de la possibilité d’éternité des choses. J’ai peur de l’immortalité. J’ai peur d’être à jamais pour toujours l’absence, le doute, le chaos, la désorganisation. J’ai peur d’être pour toujours et à jamais la même personne, prise dans le même contexte, le même ressenti ou non-ressenti. J’ai peur d’être bloquée et de restée prise. Victime de la toile, prisonnière de la Matrice.

Déconnexion et épurations (rapport à la sexualité)

Ça a fait du bien de déconnecter.
D’un seul coup
de déconnecter complètement.

Le faire juste assez
je ne sais pas encore comment
j’ai tendance à (re?)pousser(?) partir
trop loin, trop creux,
c’est dense, là-bas.
*

J’ai une pensée pour Forest (Jean).
*
Quelque chose de moi-même
qui m’a toujours dégoutée :
mon odeur est parfois presque identique
à celle de M.

Je sais l’avoir Reconnu, cet homme.

Le premier que j’ai aimé
sans y être obligée.

*

Il existe ce vidéo de ma fête de deux ans,
on me voit, mes grands yeux noirs perdus
à la fois très ouverts et absents,
j’étais déjà fatiguée (et il paraît que j’ai rapidement
fait mes nuits, pourtant, et je n’ai aucune difficulté
à le croire), loin, distante et en même temps
enthousiaste, la joie pour la surprise, au contact des humains
je devenais attentive, facilement émerveillée
plus que contentée.

J’ai toujours aimé regarder ces images
(une fois au 4-5 ans, je dirais) bien qu’elles provoquent
des intensités (émotionnelles, physiques)
parce que très rapidement, je comprends qui je suis
je reconnecte à mon essence

je me rappelle que je ne suis pas mauvaise.
*

Je ne serai jamais ce type de personne
qui se remonte pour avancer, qui se gonfle
et se choisit comme Divinité, comme source d’admiration

pour moi, banalement, je le vois comme une forme
de masturbation très étrange, je sais qu’il y a là un tabou
(tant de choses passe par le sexe, pour moi
et pas particulièrement celui expérimenté)

le tabou est dans cette forme d’amour pour soi
qui devient sexualisé dans mon esprit
très rapidement, peut-être pour mieux le repousser

(ça me fait penser à ce que disait Richard Hell
sur la masturbation face au miroir sous effet de la cocaïne
(ce que je comprends mieux, même si à la fois
je ne comprends pas du tout))

l’amour de soi sous cette forme
me répugne. Celle qui pousse à la vantardise
à la vanité, à l’écrasement de l’autre, souvent
dans une inconscience agaçante, sans grand souci
de l’existence de son environnement,
une forme de déconnexion qui me dégoûte,
simplement.

*

Ça, ça me rappelle H.
et bien d’autres femmes de ma vie,
ça me rappelle mon côté féminin qui aime plaire aux hommes
et à tous en même temps, une personne que je n’apprécie pas
j’ai fait le choix de ne plus l’incarner il y a plusieurs années
ça m’a forcée à abandonner mes ambitions
de comédienne, qui avaient été jusque-là la seule constante
dans ma vie, cette envie d’être sur une scène
et d’y faire de l’art.

Je devais choisir cette avenue,
puisque dans ce contexte artistique
je n’arrivais pas à maîtriser mes envies compulsives
ma libido démesurée, mon goût pour la chair,
ma lassitude, aussi, qui suivait la drague
je n’avais plus envie de me rendre au bout
ni même au premier pas de contact physique
complètement inaccessible, finalement,

je parlais, je ne me donnais pas.

cette personne me rendait très inconfortable
et rapidement.

*

Me rattraper au bon moment
était très difficile et j’ai causé beaucoup de dommages
en dérapant de ma propre ligne de vie

mais je ne me laisse plus dicter
mon chemin. J’ai beaucoup fait cette erreur
en couple, ce qui m’a poussée à toujours aller plus loin
dans l’infidélité, jusqu’à ce que je craque.
avec lui, je m’étais jurée que ça n’arriverait pas
et je n’ai pas du tout été en mesure de me maîtriser.
il a franchi la ligne, en essayant de physiquement m’étouffer
sa violence physique dépassant mes limites
(presque absentes pourtant)
à ce moment, là, j’ai dit un vrai fuck off.
j’ai choisi ma propre route, en suivant une nouvelle carte
j’ai écouté mes sentiments et j’ai suivi mon cœur
(pas toujours facilement, mais ça a été incroyablement
plus léger, plus doux), j’ai aimé mieux, plus loin
et c’était bon de ne pas être bloquée
dans mes élans (globalement). J’ai été sauvée
par cette rencontre. Je n’aime pas donner à l’humain
le pouvoir de sauver, mais peut-être que la rencontre en elle-même
aura donc eu ce rôle.
Je me sens guérie de tout ça
je le vois par ma totale abstinence
et l’absence d’envie de contact
sans que ce soit une forme de refoulement
j’attends le bon moment, la bonne connexion

je n’ai plus la frénésie de la rencontre.

Je suis beaucoup plus calme, depuis,
en paix avec mes agissements.

Ça fait un bon moment que ça dure.

Un processus qui a commencé en 2013,
mon épuration, l’abstinence forcée
par une incompatibilité (dans les orientations?) sexuelle
ma fidélité ne me permettant pas d’assouvir le moindre besoin
au début, c’était soulageant
après, c’est devenu une prison.

Une méthode drastique
qui m’a guérie très rapidement
de l’excès, du débordement sexuel.

Je suis maintenant aussi guérie
de la douleur reliée au rejet
de celui que j’avais choisi comme conjoint
et à qui je dévouais le plus de mon temps
de mon énergie, celui à qui j’offrais
mon quotidien et ma grande fidélité.

Je devais être seule pour le faire.

Ça a été difficile.
J’ai hâte à la prochaine étape

mais je sais comme l’impatience
est dangereuse (bien qu’un moteur au changement).
*

je reconnecte avec moins de honte
à ce mondes des anges. C’est encore difficile
d’assumer mes croyances. Je hais me faire diagnostiquer
des psychoses et des névroses par des gens
qui n’ont pas les connaissances que j’ai sur mes propres troubles
c’est très insultant, une insulte à mon intelligence.
de quel droit l’analyse est-elle permise dans mon dos?
au nom de quoi, je mérite d’être disséquée sans mon consentement?
aucune défense possible. Démontrer en notre ère présente
avoir des visions, ressentir aussi tout un monde qui n’existe pas pour la majorité
des humains sur Terre, c’est un risque important,
il faut toujours faire attention.

Dire avec fermeté : je sais ce que je suis
et je ne mérite pas d’être considérée
comme moins valide, par tes aveuglements choisis
ou inconscients.

Évacuation des données (avant la non-émotion) / Stabilisation des fondations saines

159

Les détachements sont incroyables
très denses, je les sens longs aussi
je ne sais pas s’ils sont vastes… sans doute.

un shift, en ce moment,
(le vent (du changement ?)
a soufflé très fort, ailleurs,
chez nos voisins)
j’espère tellement que cette Terre
et ses habitants
sauront bientôt faire la paix
avec tout ce qui Est.

*

Ganesh

Krishna,
Lakshmi

Madeleine
Kateri Catherine

Conscience Christique
Frères et Soeurs
Bleus Argentés
Sisters and Brothers

la Terre en harmonie

*

j’aimerais ressentir la tendresse
mieux, plus longuement.

la douceur me manque

tranquillement, à un rythme régulier,
je la sens revenir en moi.

*

j’ai été très triste la semaine dernière
mes épaules étaient alourdies
mes nerfs irrités (physiquement),
comme épuisée,
alors que ça va assez bien
en général (sauf en ces moments
de « je m’en câlisse, pus capable » )
c’était trop prenant à mon goût
je crois que malgré moi, par malaise,
j’ai refermé momentanément le courant
certaines émotions comme bloquées
par choix plus ou moins conscient
j’espère que j’éviterai
la période non émotionnelle.
les cycles sont toujours plus courts
mais la douleur quand je reconnecte à mon coeur
de façon plus globale,
elle est plus pointue.
plus précise
et en même temps
généralisée.
tout comme la joie
la paix, l’harmonie.

*

j’ai rattrapé le retard que j’avais
maintenant, je dois commencer
la nouvelle phase.

ça demande de la concentration, c’est laborieux
le travail qu’il me faut faire.
je « dois », mais ça va, c’est un choix

(je suis quand même déçue
chaque fois que je commets une « faute »
malgré que cette insatisfaction chronique passée
soit guérie (trois années de travail spécifique (2007-2010)
et le maintien de la conscience
de la non-attente, des exercices pratiques
très difficiles, des épreuves)

les tâches en tant que telles ne sont pas une corvée
mais l’assemblage de tout ce travail
la mise en place, ouf… j’ai de la difficulté à démarrer
souvent, je me prépare très longtemps
(en espérant que l’examen soit annulé
qu’un miracle arrive, que je sois libérée
de l’obligation de passer l’épreuve
pour être qualifiée (validée?))

je me sens rarement prête, mais je n’ai pas vraiment le trac
il faut juste que je fonce (que je roule serait plus juste)

mais c’est loooooong, c’est duuuuuuuur!

*

J’ai toujours eu peur des énigmes.

En mathématiques
quand je ne comprenais plus
c’était parce qu’il n’y avait rien
de logique. On nous forçait
au par cœur: 3*3 9
sans raison

je ne comprenais pas
ça me fâchait

pareil pour les fractions.

Je n’arrivais pas à faire passer
le chiffre en abstraction
oui, il était QUE du concret
je ne pouvais pas faire de relations

avec le vide dans mon esprit
et ce qu’il forme lorsque se font
comme par magie tous ces liens
que je décris ici.

Les énigmes.
Je les regarde, impatiente,
j’abandonne, déçue
je m’y remets, déterminée,

je pousse, je rejette
j’accepte trop vite l’échec.

Je ne me bats pas
il faut pas l’oublier.

je ne me bats pas
ni contre ma pensée
j’essaie surtout de la calmer.

*

Il y avait ce garçon au primaire
qui était en quelque sorte mon ami

(mais moi, comme toutes les filles,
j’ai été très amoureuse de lui, à un moment)

il était un des garçons populaires
surtout parce qu’il était très beau, et très doux
il n’était pas comme les autres voyous

toujours dans les plus intelligents de la classe
et très sociable, sympathique
il s’entendait bien avec tout le monde
il était relativement accessible

(en même temps
toujours un peu distant).

J’ai toujours été surprise qu’il me parle
qu’il me trouve intéressante, même par quelques courtes secondes.
je me questionnais: mais qu’ai-je donc fait?
comment est-ce possible que je mérite son attention?

j’avais cette perception de moi
d’une laideur profonde, quoi que banale
condamnée à n’être même pas une amie

(mes peurs passées ont été à l’honneur
ces trois dernières années)

et j’espérais secrètement
qu’il vienne me parler, me remarque,
me découvre, j’espérais qu’il me voit telle que j’étais

et chaque fois que c’était le cas
j’avais de la difficulté à le croire.

*

je fais souvent le lien
comme… onirique
entre Twin Peaks et le badminton.

je vois des jambes bouger.

c’est tout.
rien de plus pour l’instant.

une salle blanche aussi,
mais ailleurs.

*

Aucun partenaire disponible
ça fait chier. C’était mon sport préféré
celui qui me faisait toujours plaisir
de pratiquer.

Ma mère m’y avait très tôt initiée

(elle était très agile et forte,
rapide. Elle jouait souvent au volleyball
aussi, j’aimais la regarder)

et j’ai tout de suite aimé.

J’ai essayé de le faire avec É
qui se fâchait contre le moineau
et finissait souvent par hurler
il a un manque de coordination
très marqué.

J’ai joué plus souvent avec lui
quelques fois avec son ami Mt

mais c’était déplaisant
son plaisir était de finir
le plus rapidement possible

des coups ennuyants
tellement puissants et arrogants
je ne pouvais pas compétitionner

il était si fier
de ne pas bouger, de ne rien faire
et de me faire courir
sans fin, essoufflée.

*

j’ai fait un rêve désagréable, la nuit dernière.

je recevais un message de sa part
une sorte de dissertation, une liste de points
à aborder. une nouvelle coupure
plus précise, plus nette.

je le lisais très rapidement
et fermais mon cellulaire

« non, pas envie de vivre ça »

en même temps, je savais que je retournerais
éventuellement, par respect pour la parole
qu’il prenait la peine de prendre.

un jeu dangereux avec lui
avec moi aussi, ÉVIDEMMENT

on le sait déjà.

plusieurs fois,
j’aurais juste dû me la fermer.

je me souviens de mots précis
dans le message, que j’avais parcouru rapidement.

« voir dans les entrailles »

« les enfantillages »

« pardonner et oublier »

et un dernier paragraphe
me dirigeant (comme si souvent dans la réalité)
vers un certain type d’hommes
qui seraient siiiiiiiii gentils avec moi
(je n’en voulais pas)

et un autre passage plus connecté
au coeur, moins théorique
moins définitif, arrêté, autoritaire.

« tu sais, devant toi existe tellement de grandes possibilités.
quand tu seras prête, des choses merveilleuses t’attendent. »

je me suis réveillée assez éloignée,
un peu triste, confuse, malgré le détachement émotif
qui a plus ou moins persisté pendant la journée.

Sorte d’old school channeling / évacuation pacifique des données (agitation)

Les émotions sont là des fois
je suis pas à l’aise                   pas tabou
pas nié, TRÈS CONSCIENTE DE L’ÉMOTION
juste trop trop trop
trop à rien, ben sensible
j’aime ça, mais j’ai peur
j’ai hâte à la sécurité dans une relation intime
j’ai hâte d’être ailleurs que dans ma solitude

les hommes ont souvent peur
confiance, non, les hommes qui me plaisent
partent en courant, je me ramasse avec des toughs
qui veulent me dompter

et ils comprennent vite
qu’on ne peut pas me mettre en laisse

j’offre dans la vie
la réciprocité, par code moral
et pour ne pas céder à la violence
oui, je coupe. je coupe. je coupe,
câlisse, c’est dit.

ça me fâche, me révolte
physiquement, je réagis
je me gosse, j’aimerais mieux
pas être cette personne-là
en même temps, ciboire, je serais probablement morte
si j’avais pas été de même

par protection
D’ABORD ET SURTOUT
je cesse de ressentir
je coupe des ponts
des liens
je mets fin à la relation
c’est réciproque, dans chaque cas
c’est une tentative de mon ego
de ne pas se sentir trop humilié
c’est très dur subir le rejet
quasi systématique

c’est rarement par manque d’amour
ça fait mal quand même.

j’ai cherché à être neutre
et même parfois invisible
je sais bien me camoufler
lorsque c’est ce que je choisis
je respire à peine, je marche sans faire de bruit
on ne me voit pas, je n’existe pas
parfois, j’en ai besoin
comme tout le monde, je veux dire
c’est ça être un humain,
ça vient avec son lot de contradictions
et d’assemblages

je veux être vue, reconnue
mais selon mes termes, ma définition

mon niveau de méfiance
parfois est grand, je ne veux pas être regardée
par un des miens, je ne veux pas

j’étouffe, juste en écrivant ça.

c’est difficile pendant ces périodes
de rester moi, puisque je tends à me modifier
(rendre plus ternes mes couleurs, m’afadir)
pour ne pas être remarquée, ainsi
pendant de longues périodes
je ne suis pas tout à fait moi.

ça me fait chier, chaque fois que ce collègue
me rappelle mes cycles, chaque fois qu’il remarque
les variations dans mon rire

(ça ne veut pas toujours dire que je ne suis pas de bonne humeur,
par exemple, cette semaine
c’était parce que les sons étaient déjà
surstimulants je ne pouvais pas céder au rire
par crainte de devenir trop fébrile
(mon voisin est vraiment stressant
si j’y prête attention. seigneur.
son ostie de raquette, ses sacres, ses mouvements.
son awkardness difficile à mettre en mots. boboy.)
alors je ris moins, je sais me contrôler
(en tout cas, résumons ça comme ça
les cas de non-contrôle sont bien trop rares
énoncer une généralité comme « je sais me contrôler »
est assez juste. affaire terminée.(ouf. je m’épuise un peu.)
ouais, c’est ça qui arrive, justement
quand je ris, je pars partout après, je monte trop haut
je tape le plafond, je retombe dans le fond,
etc. je pense que ça a apaisé mon coeur
d’écrire tout ça. maintenant. vais-je le publier?
telle est la tabarnac de question. pas par autocensure
juste parce que fuck de crisse que j’en dis des affaires.

je peux pas toujours assumer tout ça
c’est trop pour moi, ostie que je suis contente
des fois, de savoir être presque totalement invisible.

bref, CETTE SEMAINE J’ÉTAIS BEN BEN BEN DE BONNE HUMEUR.
c’est louche, hein? non, c’est juste de même
j’arrive maintenant à pas céder aux extrêmes des polarités.
c’est vraiment pour ça que j’écris. je sors ce qui est en trop
(j’ai eu l’image de meubles sortis d’une maison))

je suis pas habituée à être catchée.
en même temps, le lien avec ce collègue
a toujours été évident. déjà, par la place où il est assis,
ensuite par le type de rêves dans lequel il était,
puis par son attirance… bref. câlisse.
c’était ben bizarre me faire expliquer ça
devoir lui dire: nonon, on parle pas la même langue
tu parles de quelqu’un que j’aime, dis-moi pas ça
voyons donc tabarnac, c’était vraiment déplacé
pour après me répéter « hihihi tu ris moins maintenant! »
je le sais, ciboire, laisse-moi donc aller gagner
ce qui me fait payer mon loyer et mes loisirs
qui me permet pour l’instant de pouvoir subvenir à mes besoins
tout en ayant l’énergie de créer mes projets

laisse-moi aller me crisser de ce que je fais
sans me rappeler ce qui est passé, laisse-moi te dire ce que je veux dire
laisse-moi montrer la limite, pis tabarnac, dépasse-la pas

aaaaaaaah lala.

j’ai l’impression de reconnecter
à quelque chose qui a le potentiel
d’être très apaisant. seulement, en ce moment
mon regard est grave, je crois que mes sourcils
sont un peu plus froncés qu’à l’habitude
(je renonce de plus en plus
à l’expression faciale, j’ai choisi
cette façon d’être plutôt que l’autre
qui , justement, m’empêche souvent
de me voiler confortablement
de disparaître peu à peu, mais doucement
pas comme un fantôme
plus comme une lumière invisible.
je sais pas, je sais pas exactement
ce que je dis, les images dansent dans ma tête
et sont difficiles à traduire.
mon langage manque de précision à cet égard)
ma bouche est plus serrée aussi
mon coeur… il bat assez doucement
quand je me rappelle ma respiration
que je prends conscience à la fois de son fonctionnement
et du fait qu’il soit minimal, je remarque le calme

tout va bien.
wow. je me sens en sécurité.
j’ai été exaucée. sans la relation,
mais par la connexion. je pense que j’ai prouvé
que j’étais capable de ne pas
en devenir dépendante
(en besoin, en manque)

j’ai envie de participer
de faire un avec le tout
d’exister dans ma vie. d’être non seulement présente
mais active.

ouf.
je crois que c’est assez
pour ce soir. il naît en moi l’angoisse
de me retrouver seule sans la réflexion
que m’offrent les mots, la traduction de ce monde
d’images et d’émotions, de sensations.

j’ai peur de partir
et en même temps, je suis fatiguée.
je veux dormir, il y a un peu de vent
ça me berce, généralement.

j’aime laisser le rideau un peu ouvert
pour voir le ciel. je m’endors dans la sécurité
de ne pas être seule, dans cet Univers.

il existe tout autour la vie.

j’aimerais maintenir cette envie d’en faire partie.

j’ai peur de partir.

j’y vais. bye.

*

(bon timing, le voisin a fini de se crosser.)

Constats automatiques sur le besoin

17817

ça bouge vite
les gens autour aussi
beaucoup d’action chez mes proches.

l’éclipse très bientôt.
ça me stresse un peu.

mon sommeil est compliqué
fatiguée mais motivée
et relativement constante
c’est étrange.

hier, trop, trop d’agitation.
pas de crise, mais presque
de la panique sans raison particulière

seule, je peux gérer
j’ai mes trucs, je me connais bien, c’est relativement
facile de trouver. je n’ai pas toujours l’envie de le faire
ainsi, j’ai souvent eu tendance à procrastiner
la « tâche » de me rendre mieux

mais quand même
je suis capable de me calmer assez facilement
et j’ai recours aux méthodes rapidement
(j’ai de la difficulté à me reposer
tant qu’il reste « quelque chose à faire »)

et à vivre sainement mes émotions
ou à simplement fonctionner, créer,
trouver la bonne dose (j’y suis presque)

avec une autre personne (avec qui
je ne partage pas l’intimité. puisque quand
c’est le cas, il est convenu et accepté
que j’ai besoin de reculer
ou de me réfugier, je sais pas comment dire
j’ai pas les mots, ça fait plusieurs mois
que je cherche, que j’y travaille(eurêka, alléluia
câlisse que je m’ennuie, je veux dire
quand je réalise l’ennui, c’est vraiment pointu
très défini)

sinon, simplement, je ne suis plus
fonctionnelle. je deviens désagréable
et je ne me tolère pas très longtemps
et cette sensation d’agacement envers moi-même
n’est pas très saine, m’amène vers différents extrêmes
émotifs et non-émotifs difficiles à gérer
une fois le processus enclenché)

pour aller mieux en période d’agitation,

je me retire en moi-même
je fais ce qu’on peut appeler prier
ce que j’ai appelé prier,
je me repose, je ne me pose pas de questions
je ne réfléchis pas à des solutions
je me repose.

hier, j’étais avec A.,
je n’ai pas pu. je voulais la voir
c’était important,c

et en même temps j’avais cette peur
d’être trop fébrile et de provoquer
des malaises et malentendus

j’étais triste et un peu agressive
(le matin, j’ai été exaltée sans qu’il y ait
une cause précise reliée au sentiment
à la sensation, je savais que ça retomberait
évidemment, et je sais que jusqu’à un certain point
je ne peux y échapper) et j’aurais eu envie
d’être dans le silence, sans réfléchir
sans voir, sans rien, être là
présente, dans le silence.

j’avais besoin de parler
en même temps, d’exprimer ce mal être intérieur
cet inconfort gênant, j’étais physiquement plus agitée
et mal à l’aise de l’être, j’avais envie de dormir
et je bougeais trop vite, je voulais me garder éveillée.

c’est difficile de vivre l’agitation avec quelqu’un
de ne pas pouvoir faire ce que je veux avec
je ne désire pas montrer cet aspect de moi
j’essaie de mon mieux de ne pas craquer

contenir, retenir, j’y arrive bien
mais je vois bien
que je ne peux négliger
aucun aspect de mon bien-être.

mon corps rejette la violence
mon système supprime rapidement
le stress. je ne veux plus vivre
ces émotions trop intenses, de façon prolongée
j’ai choisi de ne plus faire ce choix,
finalement.

j’ai choisi le calme.

je comprends vraiment mieux
la notion de besoin.

Enfin. Je comprends.

*

Ce calme autour de moi est précieux.
J’ai enfin ce refuge, ce sanctuaire de paix
sans frontière, il n’est pas gardé
je ne connais que rarement
le danger, dernièrement.

C’est beau, je suis contente.